• Lenny Kessler

Conscience versus Volatilité ?

Mis à jour : 26 mars 2020

Le temps du confinement s’installe. C’est un temps propice à la lecture et à la reflexion.

Je pense à ce que nous faisons chez WHYO et surtout, à la raison pour laquelle nous le faisons.

Pourquoi investissons-nous notre temps, notre énergie et notre argent ? Pourquoi développer une solution de reporting plus simple et ergonomique ? Pourquoi voulons-nous absolument une solution capable d’intégrer la dimension extra-financière des investissements ?

Je rêve d’un monde dans lequel les investisseurs pourraient facilement construire des portefeuilles reflétant leurs valeurs.

Ceux qui sont sensibles à la question du chômage pourraient construire un portefeuille favorisant l’emploi tout en étant efficient d’un point de vue financier. Ceux qui sont sensibles au réchauffement climatique pourraient construire un portefeuille favorisant la transition vers une économie “zéro carbone”, là encore en étant efficient d’un point de vue financier. Evidemment, les valeurs peuvent se compléter et chacun peut financer le monde dans lequel il souhaite vivre.

Je rêve que l’on puisse ainsi financer un monde dans lequel chacun puisse se retrouver.

Ce qui m’emmène au krach boursier de ces dernières semaines. Nous savons que nous entrons dans une récession dont l’ampleur et les conséquences sont inconnues. Les perspectives de gains sont clairement réduites et les valorisations revues en conséquence à la baisse. Mais est-ce une raison pour vendre ? Je ne le crois pas.


Si nous investissons uniquement pour le rendement financier (et pour financer nos retraites), ce nouvel inconnu est une raison de vendre. L’incertitude nouvelle augmente le facteur de risque et nos modèles de valorisation actualisant les flux futurs sur un nouveau taux plus élevé, les actifs deviennent mécaniquement “trop cher” puisque la nouvelle valorisation est moindre. Cette vision classique est tout à fait logique et juste, même si j’aurais tendance à la trouver un peu trop simpliste et court-termiste. Les prix fluctuent, comme les valorisations.

Nos valeurs ne changent pas.

Si nous investissons pour construire le monde de demain, la valorisation devient moins importante et j’aurais envie de dire qu’elle reprend sa juste place. C’est un indicateur ; pas une vérité. Tout comme l’entrepreneur n’abandonne pas son entreprise à chaque fois qu’un imprévu se présente, tout comme le propriétaire n’abandonne pas sa maison parce qu’un arbre est tombé sur le toit, notre investisseur conscient du monde qu’il veut créer sait qu’il faut regarder au loin, au-delà des difficultés du jour. Alors, loin de désinvestir, il peut faire le point et ajuster son portefeuille si besoin pour augmenter ses chances de voir le monde de ses rêves devenir réalité.

Si la conscience du long-terme ne suffit pas à réduire la volatilité à court-terme, peut-être peut-elle nous aider à en profiter ou, a minima, à garder la tête froide.

Personnellement et au risque de paraître naïf, je rêve d’un monde où les problèmes du climat seraient oubliés et où chacun pourrait vivre dignement en contribuant ses talents à la société. Il existe des entreprises qui construisent ce monde et je continuerai à les financer dans la mesure de mes moyens. Parce que ce monde ne se construira pas en un jour et qu’avec un peu de chance (et de rigueur) la crise actuelle passera et ne sera tôt ou tard qu’un souvenir.

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