• Lenny Kessler

La Philosophie de notre Interface Utilisateur

Ou comment construire une expérience d'autonomie

Photo by Dan Gold on Unsplash

Mon dernier article décrivait ce que nous faisons chez WHYO et en quoi offrir plus d'autonomie aux investisseurs dans l'exploitation des données est une expérience nécessaire. Ici, j'approfondis un peu plus la manière dont nous créons cette solution "d'Investment Intelligence" et la philosophie qui sous-tend notre interface utilisateur.


Je suis investisseur et entrepreneur. Je ne suis pas designer professionnel. Néanmoins, j'ai toujours été curieux de comprendre ce qui sous-tend les expériences, qu'elles soient conçues consciemment ou inconsciemment. Chaque interaction avec des événements, avec d'autres individus, avec des machines ou même avec nous-mêmes conduit à une expérience. Les expériences sont fondamentales et leur somme façonne notre vie.


L'interface utilisateur est l'un des piliers de l'expérience offerte par un service ou un produit. Cependant, cette partie visible de l'expérience doit se faire oublier, devenir invisible. Dans notre cas d'une solution de reporting pour l’ investisseur, ce dernier n'est pas là pour admirer l'interface utilisateur, mais pour l'utiliser. C’est pour cette raison que l'interface est construite autour de l'utilisateur et non autour des processus, des types d'investissement ou des portefeuilles (comme c'est souvent le cas). Dans ce développement, nous avons suivi les principes qui guident tout ce que nous faisons : une approche centrée sur l'humain et la simplicité.


Nous sommes des adeptes de la "KISS rule", ou "Keep It Stupid Simple”. Cet acronyme nous vient de la Navy américaine et décrit l’importance d’une conception simple, à l’origine pour faciliter l’entretient des avions en opérations. Mais la règle n’est pas nouvelle ! Albert Einstein disait qu’il faut “rendre tout aussi simple que possible, mais pas plus simple” et avant lui, Léornard de Vinci nous enseignait que "la simplicité est la sophistication ultime".


Pour être sûr de ne pas l'oublier, nous en avons fait notre slogan : "leverage simplicity".

Nous simplifions les interactions entre l'utilisateur et la solution en minimisant le nombre de ces interactions. Le nombre idéal n'est pas un, mais il doit être suffisamment bas pour éviter la complexité. Voyons un contre-exemple : Microsoft Excel présente plusieurs menus horizontaux avec des structures et des logiques différentes mais des noms similaires... Microsoft peut se permettre ce désordre parce que nous utilisons ses produits depuis toujours. Mais imaginez que vous ouvriez Excel pour la première fois ! Deux menus sont appelés “Data” mais ne contiennent pas les mêmes éléments, idem pour les menus “View”. L’icône “Home” et le bouton “Home” n'ont pas la même action, etc. Excel est un outil formidable et largement utilisé. Il apporte une flexibilité incroyable et, étant moi-même un utilisateur assidu d'Excel, je ne suis pas sûr de pouvoir m'en passer. Mais reconnaissons que leur interface utilisateur est pour le moins déroutante.

Microsoft Excel UI Screenshot

Suivant notre principe de simplicité, nous avons remplacé les menus complexes par des icônes visibles semblables à celles auxquelles nous sommes habitués sur nos téléphones et une barre de recherche puissante semblable à celle à laquelle nous sommes habitués sur internet. La plupart des actions peuvent donc être effectuées de deux façons ou plus, ce qui nous semble être un niveau de flexibilité approprié. Il est bon d'avoir plus d'une façon de faire les choses. Par exemple, je peux ajouter une réunion dans mon agenda via le calendrier de mon ordinateur ou en demandant à Siri sur mon téléphone : l’action sous-jacente est la même.

Ce qui nous amène à la cohérence. Les actions doivent être cohérentes dans l'ensemble du système. Dans notre exemple, lorsque je crée une réunion dans l'agenda, je veux qu'elle soit enregistrée dans mon agenda par défaut et qu'un rappel soit programmé 10 minutes avant. Si ces caractéristiques devenaient aléatoires, les applications de calendrier deviendraient inutiles car il nous faudrait un effort d'attention trop important pour vérifier quel calendrier est utilisé, les paramètres de rappel, les paramètres de partage, etc. Il viendrait un moment où mémoriser nos rendez-vous serait plus facile que de les confier à nos calendriers.

Pour la même raison de cohérence et de réduction de la surcharge mentale, nous simplifions autant que possible le vocable. Par exemple, la réponse à une requête de l’utilisateur est un rapport. D’autres outils distingueront entre un rapport, un tableau de bord, une application, une analyse, etc. suivant que les données sous-jacentes soient en temps réel, que le tableau soit déroulant, que le graphique soit interactif... Mais il s'agit toujours d’afficher la réponse à la question de l'utilisateur. Nous appelons cela un rapport.

Alors, notre interface utilisateur est-elle parfaite ? Malheureusement, loins s'en faut. Nous oeuvrons encore et encore à rendre notre solution toujours plus intuitive. C'est un voyage dans lequel nous apprenons constamment de nos utilisateurs pour nous améliorer. Nous construisons, nous apprenons et nous itérons.

Et d'ailleurs, c'est ce voyage qui nous motive en tant qu'entrepreneurs !

Enfin, une note sur l'esthétique. Les deux fondateurs de WHYO sont également des photographes et la beauté est très importante pour nous ! Certes, l’esthétique n’est pas la clé de voûte de notre produit, mais l’esthétique est entièrement au service de la facilité d’utilisation qui est est notre crédo. Notre designer veille à ce que tout soit facile à lire et que la couleur ou la typographie soient optimales pour fluidifier l’interface. Et parce que la forme suit la fonction, la beauté suivra la performance.


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